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3 mars - 5 mars 2014

Multaka Ibn Rùchd 2014

Les Rencontres d’Averroès à Beyrouth

Les 3, 4 et 5 Mars, les Moultaka Ibn Rūchd 2014 ont traité de la place des dynamiques culturelles et artistiques dans la région méditerranéenne, à travers les échanges, les jeux d’influence et les rapports de pouvoir.
Pour mémoire, en octobre 2012, SHAMS initiait les premières « Moultaka Ibn Rūchd » à Beyrouth. Deux tables rondes avaient réunis artistes, chercheurs et journalistes autour du thème « Le monde arabe entre révolutions numérique et politique ». La publication de ces premières Moultaka est disponible.

Liban, carrefour des échanges culturels, dynamisme ou dépendance ?

Les Moultaka Ibd Rùchd sont conçues comme un moment de partage de la connaissance, proposent de penser la Méditerranée des deux rives autour de tables rondes de discussion et de réflexion ; de moments artistiques avec installations et concert.
Le programme des Moultaka Ibn Rùchd 2014 s’est décliné sur trois journées de tables rondes accompagné de rendez-vous artistiques proposés par Ricardo Mbarkho et Abdo Nawar.

Les actes des Moultaka 2014 sont disponibles sur demande et téléchargeables :

PDF - 1.7 Mo
Actes des Moultaka 2014
Actes des Moultaka 2014


Grading the Lebanese Constitution, de Ricardo Mbarkho,

Questionnements :
Les questions soulevées par le développement des échanges culturels et la circulation des idées se situent à plusieurs niveaux :

  • La révolution dans la transmission de la culture : après les premières écritures (3000 av JC), l’invention de l’imprimerie (XVème siècle), nous vivons le passage de l’écrit à l’information numérique.
  • L’importance des médias et la prise de contrôle de la circulation des idées et des informations par les pouvoirs financiers et politiques.
  • Les enjeux contraires de la mondialisation et de l’internationalisation
  • Les déviations possibles du « partenariat » et du « mécénat » dans les échanges culturels Nord-Sud ou Occident-Tiers-monde
  • Les contradictions relatives aux composantes religieuses dans la réciprocité des échanges culturelles.
  • Les rencontres ont été clôturées par un concert de Yvonne el Hachem, à sa facon, intimiste, mélangeant chansons arabes de sa composition, et grands classiques de la chanson française, Aznavour, Brel, etc…

Synthèse des tables rondes

Lundi 3 mars,
17h30 à l’Université Saint-Joseph
« Les échanges culturels, vecteurs de développement ou néo-colonisation ? »
Table ronde coordonnée par Carla Eddé, historienne, chef du département d’histoire, Université Saint-Joseph. Avec :

  • Christine Babikian Assaf, doyenne de la faculté des lettres, modératrice,
  • France Irrmann, responsable pôle évènements de Espaceculture_Marseille,
  • Hassan Abbas,, chercheur et professeur à l’IFPO
  • Edmond Chidiac, professeur associé à l’Université Saint-Joseph, spécialiste de l’histoire économique

Cette première table ronde illustre le souhait, au Liban, d’ouvrir des débats publics.
Le titre même de cette première rencontre : « les échanges culturels, vecteurs de développement ou néo-colonialisme » a suscité les commentaires : quelles réciprocités dans ces échanges ? Quelles formes de néo-colonialisme ou de domination ? Et même : qu’est ce que la culture, sinon un objet fragile, dans un monde dominé par des forces financières et médiatiques, et des déséquilibres internationaux ?
On aura noté que la puissance financière n’est pas toujours la force qui domine, et que les hégémonies de la rive Nord de la Méditerranée sur le Moyen-Orient et le Maghreb laissent parfois place à des espaces de liberté qui permettent aussi d’échapper à l’enfermement des cultures locales : en quelque sorte, la domination d’une culture n’induit pas la disparition ni l’authenticité des autres cultures. En témoignent quelques initiatives artistiques, culturelles, scientifiques ou politiques qui auront été exposées ce soir, et qui permettent de dépasser les frontières.

Mardi 4 mars, au Tournesol, rond-point Tayyouneh, Beyrouth.
17h30 « Échanges littéraires, circulation des idées, traduction et édition : guerre économique ou coopération éducative ? »
Table Ronde coordonnée par Roger Assaf, homme de théâtre, metteur en scène, modérateur, avec :

  • Salam Kawakibi, politologue, professeur associé à l’Université Paris 1,
  • Maya Zbib, metteur en scène, comédienne, co-fondatrice de la Compagnie de Théâtre, Zoukak,
  • Aurélien Zouki, chorégraphe, metteur en scène et comédien.

Pour cette seconde table ronde des rencontres Ibn Rùchd de Beyrouth, les intervenants ont choisi de s’affranchir du titre annoncé, pour évoquer les problèmes, les crises et les vitalités culturelles à partir de leurs actions de terrain, et pour questionner le rôle des intellectuels et celui des artistes.
On retiendra la nécessité impérative que les intellectuels comme les artistes soient engagés dans l’action, aux côtés des sociétés civiles, pour pouvoir accompagner les combats et les changements ; on retiendra aussi l’intérêt des initiatives artistiques, culturelles et citoyennes qui s’enracinent localement pour mieux faire avec les habitants et citoyens, et générer des expressions multiples ; on retiendra enfin l’exigence d’authenticité pour générer des échanges culturels féconds.
C’est ainsi qu’intellectuels et artistes peuvent se réconcilier avec leur société, et que l’action culturelle peut se rendre utile, s’emparer du contexte financier, social, économique et politique dans lequel elle se déploie, le questionner, et générer des initiatives culturelles à partir desquelles les pays du Sud ont aussi à apprendre à ceux du Nord.

Mercredi 5 mars au Tournesol, rond-point Tayyouneh, Beyrouth
17h30 « Coopération culturelle : développement social ou aide humanitaire ? »
Table ronde coordonnée par Abdo Nawar, universitaire, directeur de Shams, avec :

Cette troisième et dernière table ronde des moultaka Ibn Rùchd 2014 aura proposé une riche conclusion de la thématique des échanges culturels à l’honneur cette année, avec quelques leçons de choses issues des expériences et des réflexions des intervenants.
Le dialogue culturel est d’abord nourri de la langue que l’on parle, et celle que l’on écrit. A ce titre, avec la diversité linguistique –particulièrement nourrie au Liban- se créée un autre langage : la langue d’échange, enrichie de ce qu’apportent les œuvres d’art et les échanges culturels.
Le dialogue culturel est aussi nourri des identités –nationales, locales et individuelles-, en dépit des effets de la mondialisation qui opère un effacement des identités spécifiques. Ainsi, les échanges culturels ne sont pas seulement des occasions de rencontrer l’Autre et de voir l’Ailleurs, mais aussi des opportunités pour se voir soi-même, (ré)apprendre à aimer ce que l’on est, le pays d’où l’on vient, et embarquer d’autres dans la construction d’une histoire commune, partagée : se connaître pour faire avec d’autres, savoir pour recevoir.
Et l’on aura conclu cette édition en invitant à générer un échange avec la figure et la pensée de Ibn Rùchd.

Les Moultaka Ibn Rūchd sont portées et organisées, pour leur deuxième édition, par SHAMS, en partenariat avec deux structures marseillaises :
Espaceculture_Marseille, qui organise depuis vingt ans, les Rencontres d’Averroès, initiées en 1994 par Thierry Fabre et TransversCité, collectif de sociologues et géographes, pour la recherche et la coopération culturelle.
et l’Université Saint-Joseph, la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (FLSH).

Elles bénéficient de l’appui de l’Institut Français de Beyrouth, du soutien financier de
TAMASI, Région Provence Alpes côte d’azuret Ville de Marseille et du partenariat media del’Orient le jour, le quotidien libanais de langue français

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Voir en ligne : Entretien avec Abdo Nawar et Claudine Dussollier dans l’agenda culturel de Beyrouth le 5 mars 2014

Actes des Moultaka 2014
Actes des Moultaka 2014 - pdf 1.7 Mo

LOCALISATION

Beyrouth

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