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11 nov.

11 novembre 2013

Un monde nouveau poétique est possible

Table ronde avec la participation de membres du collectif Pensées et Pratiques, initié par la Fondation Seydoux et des acteurs culturels méditerranéens (Plateforme RAMI, artistes, responsables de festivals d’art vidéo...).

« La coopération culturelle à l’heure des révolutions méditerranéennes »

Un monde nouveau poétique est possible
Avec la participation de Majid Seddati (Festival de Casablanca), Marc Henine (Festival d’Alexandrie), Nisrine Boukhari (All Art Now, Damas), Marianne Strapatsakis (Festival de Corfou, Grèce), Rokhshad Nourdeh (artiste, Iran), Claudine Dussollier (projet RAMI, Transverscité), Giovanna Tanzarella et Elisabeth Grech (Fondation René Seydoux), Hadeel Nazmy (Université des Beaux arts, Alexandrie), Rania Stephan (réalisatrice, Liban), Héla Ammar (artiste, Tunis), Toni Mestrovic (Croatie), Marc Mercier (Instants Vidéo, Marseille)…

©rami : Giovanna Tanzarella/Fondation René Seydoux

Les Instants Vidéo Numériques et Poétiques (Marseille) travaillent depuis de nombreuses années en partenariat avec des pays du sud de la Méditerranée. Ils ont accompagné la naissance de nouveaux festivals d’art vidéo au Maroc (Casablanca, 1993), en Palestine (Ramallah, Jérusalem, Gaza, 2009), en Syrie (Damas, 2009), en Egypte (Alexandrie, 2013) et travaillent (projections, expositions, conférences, atelier) aussi régulièrement avec d’autres pays tels que le Liban, l’Algérie…

©rami : Héla Ammar, Marianne Strapatsakis, Marc Mercier

En 2011, d’abord en Tunisie et en Egypte, puis dans pratiquement tous les pays arabes, et aujourd’hui même en Turquie, des peuples se sont réveillés, se sont débarrassés de leurs dictateurs, pour enfin s’engager dans un processus révolutionnaire dont l’issue est à ce jour encore inconnue. Les artistes jouent dans ce processus un rôle très important, parfois au péril de leur vie.

La Méditerrané est donc le théâtre de profonds remous sociaux et politiques (crises économiques, révolutions, guerres…) qui nous invitent à repenser nos modes de coopération internationale, notamment artistique. Nous ne pouvons plus penser le monde (ce qui est une mission des artistes) comme avant le « printemps arabe ».
Peut-être est-il temps de nous engager vers une révolution poétique méditerranéenne pour accompagner les besoins de transformations sociales et politiques ressentis dans les pays arabes et du sud de l’Europe. Les nouveaux festivals d’art vidéo dans les pays arabes (Maroc, Syrie, Palestine, Egypte…) témoignent d’une volonté d’inventer de nouveaux langages pour interpréter et transformer le monde actuel. Ces nouveaux enjeux ne concernent pas seulement les pays méditerranéens, mais la planète entière. Nous devons reposer la question du poète philosophe Friedrich Hölderlin : « Comment habiter poétiquement le monde ? »

©rami : Rania Stephan, Rokhshad Nourdeh, Majid Seddati, Nisrine Boukhari et Marc Mercier

"Nous ne voulons pas d’un monde
Où tous les hommes pourraient s’entourer d’œuvres d’art,
Ni même d’une société où chacun serait peintre, poète ou musicien.
Nous voulons un monde où chacun
Percevra le monde en artiste,
Jouira du sensible
Avec un œil de peintre,
Avec une oreille de musicien,
Avec un langage de poète.

La révolution poétique de notre quotidien
N’est qu’un moyen pour rendre
Possible,
Désirable,
Une révolution.
Alors nous pourrons dire à la poésie
comme Hamlet à l’esprit de son père—
« Bien travaillée, vieille taupe ! »
Jusqu’à ce qu’elle trouve la force
Pour soulever la croûte terrestre qui la sépare du soleil."

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